Arts Martiaux Traditionnels d'Asie N°51 / 03-2001
L'Esprit et la Forme
Wu Qin Xi - Qi Gong des 5 Animaux
Version lisible et retouchée de l'article
Par Bruno Lazzari
Après avoir pratiqué les arts de combat, boxe française et boxe thaïlandaise ainsi que les arts martiaux chinois Wu shu, Sao Lim, Bruno Lazzari a étudié le Qi Gong et la médecine traditionnelle chinoise. Dans cet article, il nous parle de « l'esprit et de la forme » du "Jeu des 5 Animaux" créé par le célèbre médecin chinois « Hua Tuo » 华佗 qui vécut à l’époque de la dynastie des Han orientaux.
Il y a plus de 17 siècles sous la dynastie des Han postérieurs, le célèbre chercheur et médecin Hua Tuo créa le jeu des 5 animaux basés sur les attitudes, les mouvements et les déplacements du tigre, du singe, de l'ours, de la grue et du cerf. Pour cela, il se serait appuyé sur la connaissance des anciens qui tombaient dans l'oubli ainsi que sur sa propre recherche intérieure. Il faisait déjà référence à cette époque à certains mouvements pour réguler la circulation du Qi (Souffle, énergie vitale) et améliorer la dynamique artérielle et veineuse. Il attirait en outre l’attention sur les notions de régularité et de juste mesure dans la pratique des exercices corporels. On lui doit sur ce sujet une devise bien connue.
De même le corps humain a besoin naturellement de travailler et d’être mobilisé sans exagération. Ainsi les exercices améliorent la digestion, favorisent l’élaboration et la circulation du Qi et du sang, activent les membres et chassent les maladies en offrant le bonheur et la longévité.
Les sources qui ont influencé cette méthode sont difficiles à préciser (comme pour beaucoup d’autres méthodes d’ailleurs), cependant on peut citer 3 origines principales :
1. Les danses rituelles chamaniques (animaux sauvages et animaux symboliques)
2. D’anciennes formes de Dao Yin combinant le travail des animaux.
3. La méthode de combat des 5 animaux Wu Qin Quan à laquelle Hua Tuo combina la pratique du Dao Yin (conduite du souffle).
Il existe aujourd’hui de nombreuses variantes dérivant de la méthode de base qui n'a jamais été véritablement formulée. Certaines, plus gymniques voire ludiques reposent sur l'imitation directe des animaux et s'appuient essentiellement sur une reproduction de la forme avec un mimétisme lié aux animaux (tendance moderne), tandis que d’autres approches privilégient le développement de l'œuvre interne et de la forme.
Il existe par exemple dans la région du Sichuan une pratique qui donne une large place aux automassages. Y sont utilisés le frottement, le pétrissage, les passes à distance du corps, de nombreuses techniques de tapements et percussions utilisant Ia main, des ustensiles (sac de haricots et herbes médicinales, faisceau de bambou) ou encore des supports tels que le sol, un mur ou un tronc d'arbre.
Le Qi Gong est surtout pratiqué comme une gymnastique de bien-être, et la méthode des 5 animaux est surtout connue sous cet aspect. Elle figure d'ailleurs à ce titre ainsi que d'autres méthodes (Ba Duan Jin, Yi Jin Jing, Liang Gong Shi Ba Fa) dans de nombreux recueils de vulgarisation sur le Qi Gong édités en Chine populaire.
Il est vrai que ces méthodes, dans leur version simplifiée, donnent de bons résultats sur le plan de l’entretien et l'amélioration de la santé globale. Il est plus rare que les Qi Gong soient enseignés et pratiqués comme voie de connaissance. Les résultats sur le plan de la santé deviennent dans ces cas des conséquences possibles, mais ne représentent pas l'objectif de la pratique. Il s'agit plus de s'étudier soi-même à travers la pratique du Qi Gong que d'étudier telle ou telle méthode de Qi Gong. Il faut pour cela replacer le contexte de l'apprentissage afin que la pratique des formes permette la compréhension et l'intégration des principes qui les sous-tendent, de façon à replacer l'être au centre de l'étude du Qi Gong.
Le travail de la forme doit donc permettre de remplir ce processus. Dans ce cas, le corps est considéré dans un premier temps comme un outil permettant de prendre la mesure des schémas internes (lecture) afin de les ajuster (correction). De ce point de vue, l'extérieur (la forme) devient l'écriture de l'intérieur. Cette forme est exécutée en respectant les contraintes techniques sur les trois plans suivants : (gestes et postures, respiration, intention).
Pour que l'approche reste globale, la pratique se doit d'être enrichie en temps voulu par des apports théoriques et des éducatifs permettant de mettre en évidence les principes clés qui sous-tendent le travail, sans oublier l'indispensable échange entre les professeurs et l'élève.
Enfin, au-delà des aspects techniques du Qi Gong qui sont une base indispensable à la bonne conduite des exercices, le contexte global de l'apprentissage doit permettre de réveiller et d'allumer « le feu intérieur » puis de le nourrir et de l'entretenir afin que la pratique devienne un art vivant et constamment renouvelé.
Dans ce cadre, la méthode des 5 animaux est donc bien plus qu'une gymnastique de santé visant à imiter les animaux, mais un-art interne d'une grande richesse permettant de mettre en éveil et d'œuvrer sur les 3 trésors de l'être; le Jing (l'essence vitale), le Qi (le souffle ou énergie), le Shen (la conscience organisatrice ou esprit) pour ce qui est des processus physiologiques et alchimiques; ainsi que sur les trois corps, Yi, Zhi (attention, intention) Qi (Souffle ou énergie) et Xing (Forme corporelle) pour ce qui est de la mise en application.
La connaissance des inter-relations qui existent entre les 3 trésors de l’Etre ( Jing, Qi, Shen) est une base commune pour la compréhension de la médecine chinoise, des Arts énergétiques (Dao Yin, Qi Gong), Arts Martiaux et Alchimie Taoiste.
Elle permet de comprendre les processus physiologiques subtiles qui permettent la manifestation de la vie ainsi que les processus de changement et de transformation dans l’être humain.
Entrer dans une explication profonde, impliquerait que soient installés un vécu sensoriel propre à ces pratiques, ainsi que la matrice des mots-symboles et des mots-fonctions utilisés dans la tradition chinoise pour éveiller une intuition, une réflexion, une compréhension, voire même une expérience sensorielle sur ce concept…
Cependant, pour éclairer le sujet de l’article une définition d’usage peut être donnée.
Jing, dans l’homme, représente le principe vital, le champ potentiel de manifestation individuelle. Il est dans ce sens associé à l’eau, aux reins et au Zhi (capacité réalisatrice).
Il est à noter que le Qi peut être stocké sous forme de Jing.
Qi, c’est le souffle ou l’énergie (ce qui anime), dans l’être humain, c’est une transformation du Jing.
Pour le pratiquant d’Arts Energétiques, c’est le plan d’animation et de génération de la forme corporelle.
Shen, c’est la conscience créatrice, organisatrice individuelle de l’être. C’est le shen qui fertilise le plan du Jing permettant la manifestation des mouvements de la vie. Il est associé au Feu et au Cœur dans la théorie de la Médecine Chinois été du Qi Gong.
Pour rendre compte de l’application et de la mise en forme dans le domaine du Qi Gong et des Arts Martiaux nous utilisons un autre ternaire qui est Yi Zhi, Qi, Xing.
YI ZHI : L'intention. C'est une coagulation de la conscience (Shen) qui vient fertiliser la trame de vie (Jing) pour produire le souffle (Qi)
Qi : Souffle ou énergie. Il génère la forme et les changements dans la forme corporelle.
XING : la forme corporelle. C'est la forme corporelle qui manifeste, qui rend sensible et lisible à la fois.
On peut donc dire que Yi Zhi génère le Qi et que le Qi produit la forme qui manifeste et rend formellement ainsi l'intention.
Le processus ne s’arrête pas là et les scénarios sont multiples. Cela permet néanmoins de définir un premier niveau de travail. L'esprit de l'animal, sa représentation interne (Shen), en se spécifiant (Yi Zhi) vers un déplacement, une gestuelle, une posture, sollicite le plan du Jing et génère le Qi qui se manifeste dans la forme.
A un premier niveau de travail, l'expérience ainsi vécue et soutenue par la capacité d'attention nourrit en retour le Shen (la conscience) renouvelant ainsi l' expérience créatrice de la pratique. On dit à ce niveau que :"L' intention se manifeste dans la forme, la forme soutient l’intention et lui permet de se renouveler" Afin de mettre en évidence à un premier niveau les rapports corps intention évoqués précédemment, prenons l'exemple du cerf : Dans certains exercices, sa dynamique interne se manifeste dans son attitude chevaleresque qui s'ouvre à la poitrine en rayonnant dans I’ espace, puis se prolonge dans le port des bois au-dessus de sa tête. Cette attitude intérieure, lisible et évoquée à l’extérieur (dans la forme) est soutenue par la force des reins, relayée et guidée par le coccyx pour se redresser dans le dos, ouvrant la poitrine, sondant l’espace et traversant la nuque jusqu’au-sommet de la tête pour y rayonner (ramure du cerf). Notons que ce trajet est celui emprunté par le vaisseau gouverneur (Du Mai).
II serait difficile d’éveiller en- soi et de manifester cette attitude chevaleresque à la fois forte et douce si la poitrine était fermée, les reins et la nuque vidés et déconnectés.
Qi Gong - Wu Qin Xi - L'Esprit et la Forme
Introduction
« L’eau courante ne croupit jamais, le gond d’une porte n’est jamais vermoulu »
Le ternaire de l’être


Le tigre
Comme tous les félins, peut passer rapidement d’un état de calme et de détente à un état de vivacité et férocité, iI se déplace comme « les nuages dans le vent ». En effet, S’il est fortement enraciné au sol, ses appuis restent légers et silencieux Vigilant, son corps entier écoute et sent son environnement. Dans ses yeux se reflète le pouvoir de sa force d’âme et de son courage qui irradie jusqu’aux extrémités de ses quatre membres reliés et unifiés par son dos puissant et souple. On dit du tigre que la force de son esprit est dans ses yeux, alors que sa force physique se manifeste dans ses muscles, ses tendons et ses griffes. Dans le travail corporel, les caractéristiques se reflètent dans la capacité du pratiquant de passer d’un état de détente profonde à un état de contraction intense et bref. Le travail rythmé des contractions-détentes (Song Jin) (physique dans un premier temps en additionnant les directions de force) permet d’emmagasiner, de contenir et cacher la force (Shou Li) et de produire la force explosive et propulsive.
Sur le plan énergétique cela se traduit par la capacité du pratiquant à contenir la force (Shou Li) et l’énergie (Shou Qi) pour la stocker et la libérer selon des procédés et applications plus ou moins subtils. Là encore, ce travail n’est possible que si le corps est correctement connecté et ne laisse pas « fuir » la force à l’extérieur dans les déplacements et les mouvements associés au travail du tigre.
Le pratiquant doit à la fois laisser rayonner la force au-delà de son corps (yeux, mains, peau etc.) afin d’augmenter le travail de l’esprit et contenir cette force à l’intérieur afin qu’elle ne s’échappe pas (on appelle cela conserver la racine de la force).






Song Jin Gong : travail de détente contraction
Il convient avant tout de préciser que le terme contraction a été choisi pour des commodités d’écriture Jin contient la notion de tendre (comme tendre un élastique ou la corde d’un arc) ou serrer et compresser (comme compresser un ressort ou une matière), c’est dans ce sens qu’il faut nuancer contracter.
Song qui est entendu souvent pour détendre inclut aussi les notions de relâcher, relaxer, de lâcher prise. Ces exercices sont à rapprocher des méthodes de formation et transformation de soi par le travail des muscles et tendons tels que « les 18 exercices de transformation des « Lo Han » et le « Yi JinJing » mettant en jeu le principe vital (Jing), l’énergie défensive (Wei Qi) et les méridiens tendino-musculaires.
L’énergie défensive (Wei Qi)
Elle circule à la surface du corps pendant le jour (activité-veille), sous la peau, dans les muscles, les tendons et les méridiens tendino-musculaires (Jing Jin Mai). La nuit, elle s’intériorise et circule dans les 5 organes selon un cycle spécifique. Elle joue, assisté par l’énergie nourricière (Ying Qi) un rôle important dans les processus de défense physiologique dans lesquels elle est assistée par les liquides organiques et le principe vital (thermo-régulation et protection de la surface du corps). Elle exerce son pouvoir de réchauffement, de défense et de mobilisation (articulations, muscles et fascias)
Dans cette pratique elle est en relation avec le Dan Tian inférieur, les forces archaïques et ancestrales (lignées parentales) de défense du territoire physique et psychique. Elle est à cet égard en rapport avec l’énergie sexuelle, les désirs (le désir de vivre), la capacité réalisatrice (Zhi) et le principe vital (Jing).
C’est en particulier Wei Qi, soutenue par Ying Qi, qui est utilisé dans le Qi Gong dur et les Arts Martiaux, dans les exercices de renforcement du corps (casse).
Il faut savoir que ces pratiques sont coûteuses sur le plan de l’énergie et du principe vital (Jing), qu’elles présentent des contre-indications et que leur pratique doit être accompagnée d’exercices visant à nourrir le Qi, le Jing et apaiser l’esprit et dissoudre les stases.
Les méridiens tendino-musculaires
Ils font partie des méridiens secondaires. Ce sont de larges bandes de diffusion pour l’énergie défensive se situant au niveau de la peau, des muscles et des tendons. Ils sont au nombre de douze. Ils permettent le redressement de l’Etre, sa mobilité son expression et son adaptation aux conditions intérieures et extérieures. Ils sont par leur situation et leur relation avec le Wei Qi, la première ligne de défense et d’adaptation aux sollicitations et agressions extérieures (Climatique, physique et psychique). Ainsi que le lieu privilégié de mise à jour et de manifestation de nos désirs, de nos obligations de résultats et d'adaptation. C'est à leur niveau que s'actualisent les schémas de défense héréditaires et personnels propulsés par le vouloir-vivre.
C’est donc aussi à leur niveau que s'enregistrent en premier les douleurs, les réactions de défense, les tensions émotionnelles et les pulsions non exprimées.


Dans la posture, on recherche les connexions et la détente dans les dimensions, haut-bas, avant-arrière, gauche-droite, centripète-centrifuge, de limiter l’utilisation des gros muscles dynamiques des Jambes (quadriceps...) et permettre le libre travail de compression détente. Les jambes sont à la fois porteuses et propulsives. A ce niveau de travail d’autres postures peuvent être choisies par les pratiquants expérimentés dans leur discipline, en recherchant la détente et la sensation dans l’efficacité.
La paume creuse et les doigts connectés comme si on tenait un petit ballon (jeu du lourd/léger) sont les indications de base pour le placement de la main.
Descriptif des exercices de base de « détendre, relâcher / contracter »Il s'agit dans cette première étape d'exercer des contractions statiques de force centripète en contractant de façon simultanée des groupes de muscles ou la globalité des muscles du corps de façon à ne pas produire de mouvement visible et afin d'obtenir simplement "le retournement de la force vers l'intérieur" sans réduire ou fermer le corps, "sans perdre de la longueur et de l’espace"..
Ce travail s'effectue dans diverses postures (debout, assis ou allongé) en entraînant dans un premier temps le corps physique (contraction et détente musculaire effective) selon différents protocoles, rythmes et modalités respiratoires.
Posture
On comprend mieux sous cet éclairage que la méthode d'où sont extraits les exercices présentés ici, ne limite pas ses effets au seul plan physique, mais constitue un véritable outil de transformation de la personne, Il convient de rappeler à ce sujet, que traditionnellement, ces exercices n'étaient pas pratiqués isolément mais inclus dans un programme global, engageant I‘Être dans une démarche quotidienne. D'autres pratiques telles que la méditation assise, I’étude des textes etc. y étaient associées.
« Aucune méthode ne peut être utilisée comme une recette en dehors du contexte global de la pratique »
D'une manière générale, ces exercices produisent un auto-massage doux et rythmé, qui augmente la perfusion du Qi, du sang et des liquides dans les tissus, notamment dans les quatre membres. La force douce exercée sur un rythme régulier mobilise le Qi, le sang et les liquides sans provoquer de dispersion, ce qui a pour effet de dissoudre les stagnations et de renforcer les muscles, les tendons et les os. Améliore la fluidité, c'est à dire la liaison entre les différentes parties du corps ainsi que les relations entre l'interne et I'externe. L'état de santé général est ainsi rehaussé.
Effets de la pratique
II est évident que la description des exercices sert à signifier le sens du travail et ne prétend pas remplacer un véritable enseignement. Il est juste question de permettre d'entrevoir une orientation de la pratique.
Les exercices peuvent être adaptés en fonction des pratiquant.
Premier exercice
Après s'être installé et ajusté dans la posture choisie, on effectue les contractions-compressions sur l'inspiration et les détentes-décompressions sur l'expiration (l'inverse est possible en fonction de l'objectif et du pratiquant). II ne faut pas forcer sur la concentration mentale mais essayer d’adhérer aux sensations corporelles en cherchant la force dans les régions concernées. On veillera à ne pas contracter les yeux, les mâchoires, la gorge, la région cardiaque, la région du diaphragme et du plexus solaire. Il est important dans la première phase, dès que cela se propose, de trouver un rythme régulier (quelques secondes) qui ait tendance à s’entretenir de lui-même et produisant une sensation de facilité dans l'exercice. Enfin, il est important de faire suivre la pratique par une période de détente en posture (debout, assis ou allongé) sans rien chercher d'autre que le bien-être.
On peut travailler de la façon suivante :
Effectuer les contractions-détentes (x3) des différentes parties du corps isolément et dans l'ordre suivant : Mains et doigts, avant-bras, bras- épaules, thorax total, ventre et lombes, jambes, pieds, puis remonter en sens inverse des pieds vers les mains en terminant par les contractions globales du corps: Clore par la phase de détente et de centrage.
Points importants
Contrairement à beaucoup d'exercices physiques, on ne doit pas attendre la sensation de fatigue pour arrêter l'exercice, mais savoir profiter de la sensation de bien être et de force intérieure pour terminer l’exercice et se détendre.
Sans professeur pour guider la pratique, toute sensation désagréable persistante signifie l’arrêt de l’entraînement. Dans tous les cas ne pas forcer sur la concentration mentale et la respiration. Rechercher la force douce.
On veillera à cette étape de l'exercice à ne pas contracter le cou et la tête. La clé centrale de ce travail est le retournement de la force musculaire et tendineuse, puis de l'intention vers l'intérieur (leurs activités non maîtrisées étant normalement tournées vers l'extérieur).
Deuxième exercice
Lorsqu’une sensation d’aisance est ressentie dans le premier exercice, reprendre Ie même protocole en enchaînant sans répétition les contractions-détentes des différentes parties du corps puis alterner des séries (3,6 ou 9 fois) de contractions-détentes musculaires avec des séries de contractions-détentes en intention, de la totalité du corps.
Les contractions dans l'intention produisent une élévation de la contraction musculaire dans le corps physique, ce qui est normal et souhaitable au début (utilisation de l'intention active Yi Zhi, et non pas seulement de l'imagination ou de la visualisation passive). On veillera donc à bien effectuer la détente dans l'intention afin de gagner en relâchement musculaire à chaque fois.
Le concept de l'intention suscite un véritable débat dans le milieu des Arts internes. C'est en effet un vaste sujet qui se redéfinit en fonction du contexte dans lequel il est utilisé. Cela demanderait un article complet pour ébaucher le sujet.
Dans cette orientation, l'intention n'est pas seulement une force psychique, elle peut être décrite comme une substance.
A propos de l'utilité de « l'image » dans le travail de l'intention, il est important de comprendre que souvent, l'image mentale est une indication pratique, un moyen habile d'expliquer le sens du travail proposé.
Il ne s'agit pas d'effectuer un travail de visualisation, mais de mobiliser l’intention afin de produire un acte concret aussi subtil soit-il.

